Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 13:05
Bernard  Friot , après avoir écouté les jeunes de la classe dire un de ses poèmes sur le Réveil nous a fait un magnifique cadeau, il nous a autorisés à publier une histoire pressée inédite   ... La voici pour vous dans son intégralité:
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Dans la salle d’attente du dentiste.

Deux personnes sont avant moi : un gamin d’une dizaine d’années et une dame permanentée d’au moins soixante balais.

La porte s’ouvre. Sort un type maigre et mal rasé. Il se tient la joue en gémissant « aïe, aïe, aïe » et passe devant nous sans saluer.

- Au suivant ! crie le dentiste depuis son cabinet.

Le gamin se lève et referme la porte derrière lui. Deux minutes plus tard, un cri. Puis un autre. La dame permanentée me regarde, pas très rassurée. Je ne réagis pas, continue à feuilleter, l’air ennuyé, un magazine de foot. Un cri déchirant, interminable, fait sursauter ma voisine.

- Pauvre gosse ! soupire-t-elle.

- Quel petit douillet ! je réponds.

Quelques instants plus tard, le môme sort, titubant, le visage ravagé de larmes.

- Au suivant ! crie le dentiste.

Hésitante, la dame se dirige vers le cabinet. Je vois la main du dentiste l’agripper, l’entraîner et, woups !, la porte se referme brutalement.

Je prends un magazine féminin, m’attarde sur quelques publicités dénudées. De l’autre côté du mur, des rumeurs, des gargouillis, des râles, des cris étouffés, des « nooooooon » désespérés. Vraiment, de nos jours, les gens n’ont aucune retenue.

Et puis la bonne femme réapparaît, hagarde, échevelée. Elle peut à peine avancer. Galant, je la soutiens jusqu’à la sortie.

- i a é a, gémit-elle en me regardant d’un air suppliant.

- Quoi ?  Qu’est-ce que vous dites ?

- i a é a…, répète-t-elle.

Je comprends : « N’y allez pas », essaye d’articuler la malheureuse.

- Ne vous en faites pas pour moi ! je réponds.

D’un pas alerte, je retraverse la salle d’attente et entre sans frapper dans le cabinet.

 

- Vous avez rendez-vous ? me demande, le dentiste, surpris.

- Pas vraiment, je réponds.

Puis sortant de ma poche un revolver, j’ajoute :

- Haut les mains ! Personne ne bouge ! Aboule le fric : portefeuille, chéquier, carte bancaire, portable, montre, je veux tout ! Et plus vite que ça, sinon je te passe à la roulette !


                                                                                                                                         Bernard Friot
                                                                                     ( Histoire inédite non encore publiée)

 

 


Par Classes de l'I.M.E l'Eveil - Publié dans : littérature
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